Saturday, August 27, 2011

Archéologie

Mes bien chers ,
tellement de retard dans les nouvelles qu'il est préférable d'attaquer par de l 'ancien ( à rénover ? )
J'ai passé pas mal de temps ces derniers mois à essayer de mieux comprendre comment se fabrique la musique , de quelles histoires sont nimbées les mystères que jamais nous ne saisirons ...Toutes ces parcelles d 'Histoire qui nous échappent et que nous saisissons au vol .
Pas mal fureté du côté des connections entre le blues , le rock'n'roll , le rhythm and blues, la country , le western swing , la Motown , Stax , Goldwax ...Blancs , noirs , les deux ensemble ( plus souvent que l 'on ne peut le penser )
Des affaires passionnantes et futiles à la fois , qui de James Jamerson ou Carol Kaye joue sur les sessions Motown , qui fait quoi sur quoi ?? qui était où et quand , où est le colonel Moutarde ? L. A ou Detroit , Funk brothers ou Wrecking Crew , tout cela est très compliqué , même les spécialistes les plus névrosés s'y ébrèchent les ratiches ...
En tous cas , je me suis replongé dans Temple of Sounds ( un bouquin qui ne reste jamais très loin de mes chevets ), Good vibrations ( une autre mine , un peu plus en surface ), "Are we still Rolling" ( belles anecdotes sur Mark Hollis )
J 'ai revu mes Beach Boys aussi ( toujours sidérant ) , je n 'avais jamais réalisé que Glen Campbell avait tant fricoté avec eux , je me suis mis à le réécouter(quel acteur fantastique ) , un peu de Bobby Darin aussi , Jackie Wilson , Saggitarius , The Association , The Creation, The Shadows of Knight ( pas mal de garage des 60 ' s aussi )Jackie de Shannon , Randy Newman le jeune , Lee Hazelwood , George Jones ( formidable , on entend à quel point Costello le vénère ) . Retour sur Scott Walker aussi ( belle remise de pendules)
Tina Mason , Brenda Holloway , Bobby Sheen , Lou Johnson , les single Goldwax , pas mal de chose de Menphis ( il s'en est passé des choses là-bas )
Essayer de jouer les passe murail chez Phil Spector , les détectives chez Joe Meek
Qui a engendré qui ?
d'où vient quoi ?
Tout cela est un bordel pas possible tout de même faut pas rêver , sans compter ceux qui veulent récupérer leur part du gâteau , à juste ou (in)juste titre ... Mais bon c 'est cela qui est formidable ce grand flou , on ne comprendra jamais rien à la musique , on ne comprendra toujours que très peu de l 'Histoire et le sens su Monde ne fera que nous échapper ...
( j'écris cela en écoutant le bouleversant " This used to be the home of Johnnie Mae par Eddie Kendricks )/1971 Motown
La question du jour :
Dans la majorité des bouquins , des articles , on pense les choses sur un plan vertical ( chronologique ) mais ce qui nous intéresse dans le cas présent c'est ce qui se passe au même moment ici et ailleurs . Comme si l'on découpait une tranche dans la même année par exemple , on y verrait ( bien sûr ce n 'est pas un scoop ) de fantastiques musiciens de Jazz fricoter avec les soulmen / women les plus enragés , des arrangeurs fabuleux passer d'un monde à un autre ( Orgerman avec Ben E King ! et ce n 'est que le premier exemple qui me vient à l 'esprit ...
Mais le sentiment le plus vif qui m 'étreint , entouré de toutes ces musiques est qu'elles seront toujours ma source mais qu'elles me seront toujours étrangères , que j 'aurais toujours , même au plus près d'elles ce sentiment de " Lost in translation " .
Lorsque j 'écoute George Jones, Dylan, Randy Newman, Charley Patton et et mille autres raconter leurs bouleversantes aventures , j'imagine des espaces , un monde ,je rêve et c 'est bon ... ( l 'Art c 'est fait pour ça non ? )Lorsque je lis les grands auteurs américains ,que je revois de grands films , je touche "leur" monde du doigt , mais l'image de celui-ci m'échappe comme une bulle de savon car il y a toujours quelque chose qui m 'empêchera d'en saisir l'essentiel , comme la prière d'une religion dont je ne connais rien , le chant d'un peuple qui n 'est pas le mien , même si notre peuple est le monde .


Monday, April 04, 2011

en images

le Monde

Rome Envoyée spéciale - Sacré Riccardo Muti ! Le chef d'orchestre italien, qui dirigeait samedi 12 mars une nouvelle production de Nabucco, de Verdi, à l'Opéra de Rome en inauguration des célébrations liées aux 150 ans de l'unité italienne, affichait une forme olympique. Une forme même "garibaldienne" si l'on considère que Muti, 69 ans, se produisait pour la première fois en public depuis son hospitalisation au Northwestern Memorial Hospital de Chicago, le 3 février. Le nouveau directeur musical de l'Orchestre symphonique de Chicago s'était évanoui pendant une répétition, avait chuté, se fracturant la mâchoire. Il avait subi dans la foulée la pose d'un pacemaker, les médecins ayant diagnostiqué une arythmie cardiaque.

Contre l'avis du corps médical, Riccardo Muti était rentré dans son pays à la fin du mois de février pour assurer les répétitions de cet "opéra politique", créé le 9 mars 1842 à La Scala de Milan alors en territoire autrichien. Nabucco valut au jeune Verdi de 29 ans son premier succès international et fut considéré comme un jalon emblématique de l'histoire du Risorgimento ("renaissance").

Le chef d'orchestre n'a non seulement pas failli à sa réputation de grand verdien mais il s'est aussi fait défenseur d'une cause malmenée dans l'Italie berlusconienne, celle de la culture, appuyant le discours liminaire du maire de Rome, Gianni Alemanno, qui dénonçait l'incurie actuelle de son propre camp politique. Comme dans la première scène de Senso, de Visconti (le début du troisième acte du Trouvère, de Verdi, à la Fenice de Venise), des tracts "partisans" sont tombés des dernières loges, où l'on pouvait lire "Italia risorgi nella difesa del patrimonio della cultura" ("Italie tu renais dans la défense du patrimoine de la culture").

Une ouverture et deux actes plus tard, à la fin du célèbre "Choeur des esclaves" de l'acte III, "Va pensiero" (qui servit de chant de ralliement aux indépendantistes), Riccardo Muti s'est arrêté sous les applaudissements nourris du public. Lui, qui ne l'avait jusqu'alors bissé qu'une seule fois, jeune débutant à la Scala de Milan en 1986, a accepté de le rejouer, comme ce fut le cas lors de la création milanaise. A condition toutefois que l'hymne fût dédié à un autre Risorgimento, celui de la culture, "qui, seule, a fait l'histoire et l'unité de l'Italie". Dans un silence solennel, Muti a alors demandé au public de se joindre aux voix du choeur.

Incroyable moment que celui de toute une salle se levant comme un seul homme, peuple entonnant la liberté ravie et la patrie perdue, cependant qu'une nouvelle volée de tracts aux couleurs vert blanc rouge désignait "Riccardo Muti, senatore a vita". Du coup, l'entrée du grand prêtre des Hébreux captifs, prédisant la chute prochaine de Babylone et du tyran Nabucco, prit une tout autre dimension.

Sunday, April 03, 2011

Cles pour Le Jazz

Tuesday, December 21, 2010

petit précis de vocabulaire

Friday, December 03, 2010

Des nouvelles de CARMEN

Saturday, November 20, 2010

Sut up and Dance / première




London Jazz Festival,16/11.
Southbank Center, Purcell Room : ONJ : Eve Risser (p, fl), Vincent Lafont (claviers, élec), Antonin Tri Hoang (as, cl), Mathieu Metzger (as, ss), Joce Mienniel (fl), Rémi Dumoulin (s, cl), Guillaume Poncelet (tp, synth, élec), Pierre Perchaud (g), Sylvain Daniel (elb), John Hollenbeck (dm) ; Peter Parker’s Club : Empirical : Nathaniel Facey (as), Lewis Wright (vib), Tom Farmer (b), Shaney Forbes (dm).

Dans un entretien public pour BBC Radio 3, en fin d’après-midi, Daniel Yvinec et John Hollenbeck expliquent ce qu’est l’ONJ et en quoi consiste le projet qu’ils proposent ce soir en première mondiale. La rencontre entre les deux semble s’être faite naturellement : Hollenbeck avait été séduit par la musique du projet « Around Robert Wyatt » et Yvinec pensait justement à lui alors qu’il cherchait quelqu’un qui ait une grande expérience de la composition jazz et qui puisse exprimer l’idée de mouvement, de musique qui porte à la danse au sens large du terme. Qu’allait-il en être de la première mondiale de ce projet à Londres ? Après quelques minutes de percussions enregistrées diffusées dans le noir, l’orchestre apparaît progressivement vêtu de vestes rouges, un peu raide – ce que peut expliquer le trac lié à l’événement – et commence à jouer une musique assez solennelle avec une sonorité très distinctive : flûtes et clarinettes dominent la masse sonore et déclinent des variations sur un thème répétitif sur lequel la batterie joue le premier solo. Le principe étant que chaque pièce constitue un mini-concerto pour un des dix instrumentistes de l’orchestre, Hollenbeck – qui remplace ce soir le titulaire du poste – officie sur cette danse lente et envoûtante qu’il a placée en début de programme. Le morceau suivant, dédié à la trompette de Guillaume Poncelet, est plus enjoué et on y retrouve le même souci de traîter la masse sonore de façon fluide avec une prédilection pour les aigus justifiée par le fait que l’ONJ possède peu d’instruments graves. Cette particularité, compensée par la possibilité de faire jouer des harmonies par le piano plus la guitare et/ou les claviers, constitue en quelque sorte la marque de fabrique de l’orchestre et elle est assumée de façon particulièrement évidente et artistiquement intéressante lors du morceau dévolu à la basse électrique de Sylvain Daniel, accompagnée de nappes sonores à la fois denses et éthérées qui, telles des vagues, viennent envelopper les phrases dépouillées et sereines du soliste. Impossible ici de détailler l’ensemble du programme, mais difficile aussi de ne pas être enthousiasmé par une musique à la fois très homogène et constamment renouvelée qui, au fil des solistes – tous remarquables –, dévoile de nouvelles richesses tant compositionnelles que sonores. L’ONJ de Daniel Yvinek, dans cette configuration strictement jazz et sous la houlette d’un compositeur-arrangeur de grand talent, aura donc fait ses preuves de façon indiscutable après des débuts diversement convaincants.


L'ONJ et John Hollenbeck au Jazz Reims Festival

Domaine de Pomery, Reims Jazz Festival (51), le 17 novembre 2010.

Trio d’en bas : Arnaud Rouanet (ts, cl, kalimba), Samuel Bourille entremetteur sonore [sic],Yoann Scheit (dm, bruitiste masqué [re-sic].

Daniel Yvinec chef d’orchestre

Shut up and Dance : Antonin-Tri Hoang (as, cl, p), Matthieu Metzger (sopranino, ss, as, elec), Joce Mienniel (fl, elect), Rémi Dumoulin (ts, ss, cl), Guillaume Poncelet (tp, p, synth, elc), Pierre Durand (elg, g) Eve Risser (p, p préparé, fl, objets sonores), Vincent Lafont (cla, elc), Sylvain Daniel (elb, elec), John Hollenbeck (dm, compositions)

Le Trio d’en bas. Drôle d’impression au départ. Une sorte de théâtre musical de rue, un rien pédant, avec une longue partition très au point en forme de variation sur une valse viennoise jouée d’une clarinette très technique. Ça sent le musicien classique qui se dévergonde. Fallait-il ça pour conquérir le public de Reims ? C’est peut-être une bonne stratégie pour faire passer ce qui suit. Est-ce ce qui leur a valu un rappel plutôt chaleureux ? Or ce qui suit, après ce qu’on vient d’entendre, on ne sait pas, on ne peut pas, on ne veut peut-être pas y entrer. On n’en voit que les facilités, les clichés, les faiblesses… jusqu’au moment on commence à réaliser que ces gens-là savent vraiment raconter une histoire, bâtir un scénario, sur des longues partitions où l’improvisation s’imbrique totalement dans une véritable écriture, qui ne va pas chercher midi à quatorze heures, fondée sur climat, le son, un certain onirisme mélodique qui évoque l’héritage du Shepp de la grande époque. Rappel donc. « Rassurez-vous, on va vous faire du jazz. Vous en aurez pour votre argent. » Ça s’adresse à qui ce message ? Au public qui deux heures plus tard va faire un triomphe à l’ONJ et John Hollenbeck ? En quel siècle sommes-nous ? Shuffle, impro libre avec beau ténor bien gras, entre Brecker et Shepp, et final gospelisant. Il y vraiment du potentiel dans ce groupe, et une relative perte d’énergie.

Des pertes d’énergie, dans l’ONJ actuel, il n’y en a pas. Tout est son, rythme, musique. Pas de concept, pas prétexte para-musical, bref rien de ce qui a souvent été fatal à l’ONJ, y compris celui-ci. Juste un geste, celui du batteur John Hollenbeck qui tient la batterie pour ce concert. Un geste que, dans une parfaite circularité entre la baguette et la plume, prolonge l’écriture de ce programme, celui que l’on connaît déjà sur le disque “Shut up and Dance” et qui a été donné pour la première fois sur scène la veille à Londres.

Ce titre, “Sut up and Dance” ! Il fait causer, notamment dans les magasins : « Nos clients croient partir avec un disque qui groove et ils sont déçus… ». C’est vrai, c’est un peu escroc ce titre, un peu démago, non ? Et pourtant, cette musique, elle n’est pas tout rythme ? Elle n’est pas “danse” ? Je regarde autour de moi – un public il est vrai pas très jeune, mais on ne va ouvrir ce dossier ici… Il y aurait tant à dire – et je vois des gens qui sont physiquement saisis par ces rythmes tout à la fois obsédants et insaisissables, qui nous happent et nous trompent constamment. Et si l’on s’était laissé confisquer le mot rythme, le mot danse, le mot groove, par ceux qui ne voudraient ne désigner qu’une toute petite chose utilitaire. L’ONJ débarque joue du rythme, invoque la danse, et l’on se sentirait trompé sur la marchandise ? Ça me rappelle les amateurs de classique qui voyant débarquer simultanément le jazz et la musique sérielle ont décidé que ça n’était pas de la musique. Les amateurs de jazz qui voyant débarquer le free et le jazz-rock ont décidé que ça n’était pas du jazz. Les amateurs de swing qui considèrent qu'Elvin Jones ne swingue pas. Il faudrait donc laisser à d'autres le mot danse et le mot rythme? Comme si ces mots-là dataient d’hier. Bientôt faudra-t-il abandonner le mot musique pour le laisser au public des perfusés aux musiques formatées. Et lorsque le ministère de ce Frédéric qui mérite si mal son nom fait savoir dans un rapport que l’exigence artistique sert de prétexte à l’intimidation des masses (c’était grosso modo la ligne de Gœbbels et Staline), on pourrait très bien imaginer que l’usage des mots rythmes et musiques devienne réglementé et réservé à ceux n’écoutent (et qui votent ?) en sautant sur place avec le doigt levé. Vaste débat, et rien n’y est d’ailleurs aussi simple qu’on le voudrait.

Venons en à l’ONJ. Ah ! Ils ont des vestes. Des vestes rouges. Vieille arlésienne ! Comment habiller l’ONJ. On a tout essayé, tout vu. Habillez Marc Ducret et Alain Jean-Marie en jardiniers, en saint-cyriens ou en rangées de petit-pois, ce sera toujours Marc Ducret et Alain Jean-Marie. Tiens, Rémi Dumoulin a tombé la veste. D’ailleurs, tiens, moi aussi. Je ne suis pas sous les projecteurs, je ne joue pas, et j’ai tombé la veste. Sauf que lui, vous avez vu ce qu’il envoie ? D’ailleurs, avec les lumières qu’il y a sur scène, vous pourrez vous habiller de la couleur que vous voudrez, c’est l’éclairagiste qui décide. Et d’ailleurs (bis), vous avez vu la musique qu’ils jouent ? Ce bazar ? Un ensemble de sax qui déboule dans Tickle Toe, tous en complet-veston, oui, ça en jette (encore qu'une section de saxophonistes en bras de chemise et bretelles apparentes à 4h du matin au Reno Club de Kansas City, ça ne devait pas être mal non plus). Mais ce bariolage esthétique que joue l'ONJ dans ses différentes moutures depuis sa création, ça mérite vraiment l’uniforme ?

Allez, passons enfin à l’essentiel. En deux mots, il se fait tard (bientôt 3h et demain j’ai un bouclage), au risque de donner une fois de plus raison à ceux qui pensent que les critiques ne savent parler que de ce qu’ils voient (et vive l'uniforme!) et non de ce qu’ils entendent. En deux mots donc. Ça joue ! C’est la grosse différence d’avec le programme Wyatt où les musiciens jouaient les utilités. Ici, chacun a son morceau, et chacun est impliqué dans chaque morceau par le côté organique de l’écriture, en dépit du côté répétitif d’ailleurs épuisant pour l’orchestre qui n’a pas le temps de souffler. On sent un bonheur à contribuer à cette masse mouvante, et ces entrelacs qui évoquent In C de Terry Riley, mais d’un minimalisme finalement assez massif et beaucoup plus malléable et mobile. Le bonheur donc, un bonheur d’être ensemble, une satisfaction du travail accompli, du résultat, mais d’un résultat vivant. Ce soir, c’est Pierre Durand qui remplace Pierre Perchaud à la guitare, avec une connaissance du répertoire et une façon de l’habiter, tout à fait renversante. Bref, après avoir peu ménagé les débuts de cet orchestre, j’ose dire que l’on a l’un des meilleurs ONJ depuis la création de l’institution, avec une vraie communauté d’esprit, et sur ce programme en particulier, un vrai compositeur qui joue le jeu des solistes, qui écrit pour eux, qui leur offre un tremplin pour projeter leurs personnalités, sans jamais démissionner. Et quels personnalités… Stop. Vite mon oreiller.

Franck Bergerot

Monday, October 11, 2010

réécouter Ornette

Ecouter Ornette n 'est jamais une expérience banale , jamais .Une foule de choses qui parlent tout de suite , quelques interrogations...C 'est une musique qui nous traverse comme une dague .Je me souviens m'être trouvé à Joe's Pub pour une soirée donnée à 'occasion de son soixante dixième anniversaire . J 'y avais entendu jouer le Prime Time , puis Ornette en quartet avec de Johnnette Gerri Allen , un duo assez incroyable avec Charlie Haden , Patti Smith avait dit des poèmes , dans la salle il y avait l'annuaire du Jazz et de la pop qui gamberge , Bill Laswell tout en barbe plein de têtes connues et des inconnus qui vous dont la tête vous dit quelque chose , Patti Smith and co , je ne me souviens plus vraiment mais je me me rappelle que j'avais le sentiment de vivre un truc assez unique. Il y a toute une histoire aussi avec cet Ornette que pourtant je n 'ai rencontré que dans un ascenseur à Montréal( je n'avais fait que regarder sa cravate jaune et son costume bleu pétrole ...Lorsque je suis arrivé à NY , comme étudiant de la Manhattan Scool of music à l'âge tendre de 23 ou 22 ans , quelques mois plus tard , un de mes professeurs le guitariste Chris Rosenberg me glisse " Ornette a besoin d'un bassiste pour le Prime Time dont je fais partie , Chris Walker s'en va , reste jamaladeen Tacuma , dans le groupe il y a deux basses , j'ai parlé de toi à Ornette , il est OK , qu'en dis-tu ? "
J 'étais plutôt bouche bée , je me voyais déjà dans l'avion pour l'Italie ,la première tournée prévue , buvant les paroles du grand prêtre , mais un petit quelque chose me disait de ne pas la ramener , j'avais raison de garder ma joie pour moi et surtout de la contenir il y eu un coup de théâtre quelques jours plus tard puisqu'Ornette décida de prendre un clavier en lieu et place du bassiste numéro 2 , la première fois depuis des lustres , voilà toute mon histoire avec Ornette , le reste sont disques et concerts ( mais ça il n 'est pas au courant ... )
Je me souviens seulement de cette phrase, la seule qu'il prononça au terme de cette longue soirée d'anniversaire où seule la musique semblait le captiver " Quoique vous fassiez , si vous y mettez du coeur , allez jusqu'au bout , il y aura toujours quelqu'un pour vous suivre , cela m'avait marqué , j'ai toujours vu les choses de cette façon .
En attendant , voici un petit topo du grand Charles Mingus sur Ornette , asséné au terme d'un blindfold test au cours duquel il avait eu envie de s'exprimer sur le saxophoniste ( bien qu'il ne lui ai pas été présenté au cours de ce fameux blindfold test
Enjoy , ça ne manque pas de saveur !
You didn’t play anything by Ornette Coleman. I’ll comment on him anyway. Now, I don’t care if he doesn’t like me, but anyway, one night Symphony Sid was playing a whole lot of stuff, and then he put on an Ornette Coleman record.

Now, he is really an old-fashioned alto player. He’s not as modern as Bird. He plays in C and F and G and B Flat only; he does not play in all the keys. Basically, you can hit a pedal point C all the time, and it’ll have some relationship to what he’s playing.

Now aside from the fact that I doubt he can even play a C scale in whole notes—tied whole notes, a couple of bars apiece—in tune, the fact remains that his notes and lines are so fresh. So when Symphony Sid played his record, it made everything else he was playing, even my own record that he played, sound terrible.

I’m not saying everybody’s going to have to play like Coleman. But they’re going to have to stop copying Bird. Nobody can play Bird right yet but him. Now what would Fats Navarro and J.J. have played like if they’d never heard Bird? Or even Dizzy? Would he still play like Roy Eldridge? Anyway, when they put Coleman’s record on, the only record they could have put on behind it would have been Bird.

It doesn’t matter about the key he’s playing in—he’s got a percussional sound, like a cat on a whole lot of bongos. He’s brought a thing in—it’s not new. I won’t say who started it, but whoever started it, people overlooked it. It’s like not having anything to do with what’s around you, and being right in your own world. You can’t put you finger on what he’s doing.

It’s like organized disorganization, or playing wrong right. And it gets to you emotionally, like a drummer. That’s what Coleman means to me.